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L’innovation technologique bat son plein dans le secteur agricole, et l’agritech n’a pas fini de faire parler d’elle. Pour les coopératives agricoles, confrontées pour beaucoup au besoin d’optimiser leur fonctionnement et de mener à bien une transformation digitale déjà amorcée, l’exploitation des données agricoles au travers de ces technologies est source d’opportunités. Avant de revenir en détail sur les perspectives offertes par l’agritech pour les coopératives, arrêt sur image pour comprendre la mutation qui est en cours et son impact sur filière dans son ensemble.

Agritech : comment la technologie entraîne une mutation du secteur agricole

Le marché de l’agritech est en pleine explosion

Les outils numériques ont infiltré nos usages dans tous les pans de la société. Le secteur agricole ne fait pas exception et témoigne d’une vraie appétence pour la technologie. Les agriculteurs sont de plus en plus numérisés : ils sont 94% à se connecter à internet quotidiennement[1], et  67 % à utiliser les nouvelles technologies pour gérer leur exploitation[2].

L’enjeu technologique est bien perçu par les coopératives agricoles. Selon une étude PwC (Etude PWC “Etat des lieux : les coopératives agricoles et le numérique”, 2016) menée en 2016, 100% d’entre elles identifiaient déjà le digital comme un enjeu clé, 50% comme une révolution et 50% comme une source d’optimisation.

Les technologies destinées aux pratiques agricoles composent le marché de l’agritech (ou agtech), qui est en forte expansion. A l’échelle mondiale, il est estimé à 13 milliards de dollars en 2020[4].

En France, le dynamisme du secteur s’illustre notamment par le nombre croissant d’acteurs qui viennent proposer des nouveaux produits et services aux coopératives agricoles et autres acteurs de la filière. Cette industrie est en pleine ébullition, dynamisée par les quelque 300 entreprises innovantes présentes sur le territoire. Près de 250 millions d’euros sont investis dans l’agritech chaque année[1]. Si ce chiffre est loin des montants investis par la chine ou les Etats-Unis, il témoigne tout de même de la priorité portée à ce sujet.

Le dynamisme de l’agritech au service de l’amélioration des pratiques agricoles

Place de marché agricole, logiciel de gestion de la production, Internet des objets et collecte de données agricoles, aide à la décision, qualité et traçabilité des données. Le champ de l’innovation technologique française est vaste et s’enrichit constamment.

La disponibilité de ces nouvelles innovations accompagne la mutation du métier d’agriculteur. L’apparition des capteurs, équipements robotisés ou nouveaux dispositifs d’imagerie couplée aux solutions d’analyse des données agricoles permet une amélioration des pratiques chez les agriculteurs et adhérents des coopératives agricoles :

  • Elle favorise l’émergence d’une agriculture de précision qui optimise les opérations (arrosage, traitement des parcelles, etc.) et accroît les performances économiques et environnementales des productions.
  • L’agritech apporte aussi de nouvelles solutions pour optimiser la chaîne logistique et gagner en visibilité via l’accès à une information claire et détaillée.

Un effet accélérateur bienvenu pour développer la compétitivité de l’agriculture française par rapport aux géants mondiaux, mais aussi pour répondre aux exigences sociétales de plus en plus fortes en matière de transparence et de traçabilité des produits.

Pour tenir leur promesse, ces innovations métier doivent cependant nécessairement s’appuyer sur des données de qualité, regroupées au sein d’un système d’information fiable et transverse afin de pouvoir délivrer la valeur attendue.

Au cœur de l’agritech et des enjeux de transformation : la donnée

La donnée agricole, nouvelle richesse

Ces nouvelles perspectives métier sont possibles grâce à l’exploitation des données agricoles collectées, qui explosent grâce à la diffusion des nouveaux moyens de captage.

L’urbanisation du système d’information permet d’assurer la fiabilité des données, de les agréger, les croiser et les traiter afin de transformer la donnée brute en source d’information pertinente et intelligible, qui permet de prendre des décisions plus éclairées. C’est l’agriculture “Data-Driven”, qui consiste à envisager la prise de décision en l’orientant sur l’analyse et l’interprétation des données agricoles.

Les exemples d’application de l’agritech chez les coopératives agricoles ne manquent pas. Le groupe coopératif Arterris[2] s’est ainsi associé à la start-up toulousaine Nanolike pour équiper de capteurs connectés les silos de ses éleveurs. Les données collectées permettent de connaître en en temps réel le niveau de stock dans les cellules d’aliments du bétail. Cela permet à la coopérative de mieux planifier la fabrication des aliments et d’assurer des délais de livraison records. Elle délivre ainsi à ses usagers un service plus performant.

Vers une mutualisation et un partage de la donnée

Autre tendance forte de l’agritech : la mutualisation et le partage des données entre les différents acteurs (agriculteurs, coopératives agricoles, équipementiers, etc.). L’objectif : maximiser la valeur apportée par les données agricoles et créer des nouveaux usages toujours plus pertinents.

La start-up Wiuz (Etude PWC “Etat des lieux : les coopératives agricoles et le numérique”, 2016) a ainsi créé une plateforme agronomique qui mutualise les données numériques afin de développer des applications innovantes pour l’agriculture. Celle-ci exploite les données de 5600 agriculteurs pour permettre à ses utilisateurs de prendre des meilleures décisions : apporter par exemple à la plante la juste dose d’engrais, au bon moment et au bon endroit. Une démarche soutenue par la coopérative Terrena qui a investi dans le projet. Elle met à disposition de ses adhérents cet outil d’agriculture de précision dans le cadre de son programme innovant “La Nouvelle Agriculture”, qui accompagne la transition des exploitations vers une agriculture écologiquement intensive.

Les promesses d’une agriculture plus performante grâce à l’agritech ont de quoi faire rêver. Cependant, elles ne sont réalisables que si l’on dispose de données agricoles de qualité, consolidées afin d’être exploitables. Cela implique de disposer d’un système d’information centralisé ce qui, pour  beaucoup de coopératives, suppose une nécessaire urbanisation du SI existant.

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Agritech & révolution numérique : quel impact pour les coopératives agricoles ?

Une nécessaire transformation, source d’opportunités 

Selon le cabinet de conseil McKinsey[4], le modèle coopératif agricole doit se réinventer pour faire face à une concurrence inédite induite par de profonds changements en cours, à savoir :

  • l’exploitation des technologies de pointe,
  • l’émergence de nouveaux acteurs digitaux,
  • le bouleversement des modes de consommation,
  • la nouvelle donne réglementaire affectant leur modèle économique .

Les nouvelles technologies de l’agritech constituent un levier de transformation pour rester compétitives et proposer des usages toujours plus pertinents à ses adhérents. Cela implique d’accompagner l’évolution du métier d’agriculteur :

  • en optant pour les innovations technologiques les plus pertinentes pour son secteur agricole;
  • en choisissant des technologies qui viennent enrichir la proposition de valeur de la coopérative (création d’une place de marché, proposition d’outils d’aide à la décision pour les exploitations, solutions logistiques simplifiées, etc.) 

La gouvernance des données agricoles, un enjeu clé :

Sensibiliser ses adhérents aux bénéfices de la technologie et de la gestion de la donnée est une autre considération à avoir en tête. La collecte, l’utilisation et le partage des données agricoles reste en effet une source d’appréhension pour un certain nombre d’acteurs. La gouvernance des données et la sécurisation des échanges est donc un sujet central qui doit être pris en compte par les coopératives, afin d’encadrer les pratiques et de rassurer sur l’utilisation des informations.

Quand les coopératives optimisent leur fonctionnement et se réinventent grâce à la technologie : les exemples d’InVivo et d’Arterris

Le groupe Arterris, issue de la fusion de 3 coopératives, s’appuie sur un système d’information unique et optimisé pour gagner en agilité et en efficacité opérationnelle. En industrialisant les échanges de données grâce à la plateforme Blueway, la coopérative a pris à bras le corps le sujet de la qualité et des données. Résultats :

  • un temps de saisie et un risque de mauvaise qualité de données divisé par 3, permettant aux métiers de se recentrer sur leurs activités cœurs,
  • l’assurance d’échanges sécurisés et automatisés 
  • une souplesse et une fiabilité du SI permettant au groupe d’envisager sereinement l’acquisition de nouvelles sociétés.

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Via sa filiale SMAG, InVivo propose aux coopératives agricoles sur une vaste gamme de solutions digitales pour accompagner leurs exploitants, de la gestion du conseil agricole à l’analyse et au partage des données agricoles. Le projet Data Crop réalisé en partenariat avec JEMS (SOURCE : AgData, webinar “Big data, agriculture prédictive, robotisation: comment sortir de la crise COVID-19 avec la data?”) offre par exemple un service de prédiction de rendement et de qualité du blé à partir de données diverses (météorologiques, parcellaires, imagerie satellite, etc.) traitées par un algorithme.

Des retombées multiples attendues pour la filière :

  • optimisation des coûts de stockage et de gestion logistique pour les organismes de collecte céréalière,
  • meilleure planification les itinéraires culturaux et des moisson pour les exploitants agricoles,
  • anticipation de la production et la fluctuation des prix de vente sur les marchés mondiaux pour les acheteurs[6].

Par où commencer ?

Se transformer passe avant tout par une fine compréhension des besoins de ses adhérents. La première étape est donc d’acquérir une vision à 360° de votre exploitation agricole en collectant les données associées à votre parcellaire et à vos adhérents. Pour de nombreuses coopératives, cela se traduit par une nécessaire modernisation du système d’information. Elle doit permettre de créer une nouvelle chaîne de valeur, depuis la captation des données agricoles jusqu’à leur transformation en bénéfices utilisateurs au travers d’usages déterminés.

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